Dialogical dreaming : LIA GIRAUD
Dialogical dreaming
- Soutenance de thèse, 12.12.2017 -

Ce projet résulte de sept années de recherches autour de l’Algaegraphie.

Cette installation explore les qualités opératoires et symboliques du jeu perceptif afin d’offrir un nouveau regard sur la relation vivant/technique : ces deux entités, souvent pensées isolées, voire opposées, pourraient-elles être réunies ici sous la forme d’un dialogue sensible ?
L’installation se compose de trois systèmes qui mettent à l’œuvre le processus d’apparition et d’évolution d’une image vivante. Chaque image résulte d’un «  rêve dialogique » entre une souche de micro-algues, cellules vivantes photosensibles qui matérialisent l’image, et un réseau de neurones artificiels (Deep-dream) qui guide l’élaboration des formes produites.


Le dispositif central (Dialogical dream) se compose d’un ensemble technico-sculptural qui permet la production des micro-algues et leur acheminement vers un aquarium vertical où se forme l’image vivante. Un programme contrôle la projection alternée d’un négatif et d’un rapide flash de lumière, à la surface de l’aquarium : à chaque flash, une photographie de la position des algues est prise et vient s’ajouter à une animation qui est diffusée en boucle sur un écran de projection. Ce film accéléré permet de visualiser, quasiment en temps réel, la formation de l’image et son évolution. Une photographie de l’aquarium est régulièrement envoyée à un programme de Deep-dream qui va interpréter les formes produites par les micro-algues à l’intérieur de l’aquarium. Cette image « rêvée » sera alors transformée en négatif et re-projetée sur les micro-algues.


Le dispositif suspendu (Biological dream), montre l’image d’un paysage naturel qui a servi de support aux rêves du réseau de neurone : la représentation évolue imperceptiblement au gré des 8 itérations successives produites par l’algorithme, accentuant toujours plus la technicité du paysage. L’image vivante s’observe par le dessous, au travers d’un filtre rouge qui permet la disparition optique du négatif. Ainsi, seuls les fragiles agglomérats de micro-algues sont rendus visibles.
Le dispositif horizontal (Technical dream), montre l’image d’un paysage artificiel où l’algorithme a rêvé des formes biologiques : végétation et animaux apparaissent ainsi dans la structure de l’usine. L’image vivante, formée in situ, est « fixée » dans un milieu nutritif qui permet son observation à la lumière ambiante. Ce dispositif permet ainsi d’observer la dégradation et la disparition inéluctable de l’image organique.



Crédits :
// Réalisation artistique : Lia Giraud (SACre/PSL) / Collaboration scientifique : Claude Yéprémian (MNHN) / Programmation « Exposer/Flasher » : Benoit Verjat, Erwan Queffélec / Programmation « Deep Dream » : Loïc Lauréote, Sébastien Treguer / Aide à la fabrication : Pascal Autissier (EnsAD), Adrien Bonnerot, Léopold Lescop, Robin Frolet, Térence Meunier, Théo Vailly / Aide à la scénographie : Pierre-Yves Dougnac (EnsAD) / Conseil en optique : Oulfa Chellai / Photographies d'exposition : Térence Meunier / Production : Paris Sciences et Lettres (PSL Research University), Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD), Muséum Nationale d’Histoire Naturelle (MNHN) //